Des mesures d’urgence en faveur de l’apprentissage

Politiques de l'emploi et de la formation - Article - Lundi, 21 Juillet - 12:50

Cette troisième conférence sociale aura été des plus mouvementés, mais elle a eu au moins le mérite de faire avancer la question de l’apprentissage. Lors de son discours de clôture, le premier ministre a annoncé de nouvelles mesures pour relancer ce mode de formation. Une manière pour Manuel Valls de répondre aux inquiétudes des acteurs de ce secteur qui alertent sur la chute inquiétante de l’apprentissage depuis un peu plus d’un an.

 

Quand l’apprentissage s’invite à la Conférence sociale

 

Les sujets abordés lors de la Conférence sociale 2014 étaient aussi nombreux qu’épineux pour le gouvernement. Alors que plusieurs syndicats ont choisi de boycotter ce grand rendez-vous annuel, certains sujets comme l’apprentissage ont pourtant pu être abordés et surtout défendus que ce soit par les acteurs de ce secteur mais aussi par les membres du gouvernement.

 

Actuellement, seulement 4% des entreprises françaises embauchent des apprentis, un chiffre très faible que le gouvernement souhaite voir augmenter. Plus inquiétant encore, l’apprentissage a chuté de 8% l’année dernière. Cette baisse s’est intensifiée en 2014 avec un recul de 14% au premier trimestre. Des chiffres qui révèlent un véritable problème pour les acteurs de l’apprentissage, mais aussi pour le gouvernement qui s’est fixé un objectif de 500 000 apprentis d’ici 2017. Pour honorer cet engagement, il va falloir inciter les entreprises à embaucher des apprentis.

 

Conscient du rôle de l’apprentissage dans la lutte contre le chômage des jeunes, Manuel Valls a annoncé trois mesures pour relancer ce mode de formation. Une manière pour le premier ministre de montrer l’engagement du gouvernement sur cette question. Une bonne nouvelle donc en attendant l’ouverture d’une grande concertation à la rentrée consacrée à la relance de l’apprentissage

 

Une aide de 200 millions d’euros dès maintenant

 

Manuel Valls a compris que la question de l’apprentissage devait trouver des réponses rapidement. C’est pourquoi dans son discours de clôture de la Conférence sociale, le premier ministre a annoncé le déblocage immédiat d’une aide de 200 millions d’euros. Cet argent provient d’un redéploiement des fonds issus de la taxe d’apprentissage. Il est destiné à inciter les entreprises à embaucher des apprentis.

 

Pour ce faire, une aide de 1 000 euros sera accordée à tout employeur qui prend pour la première fois un apprenti et ce quel que soit la taille de son entreprise. Toutefois, cette aide sera conditionnée, puisque l’employeur devra au préalable signer un accord de branche sur l’apprentissage. Les syndicats ont salué cette initiative jugée positive et incitative.

 

De nouvelles mesures financières sur le long terme

 

Outre une aide financière immédiate, le premier ministre a également évoqué le déblocage de fonds sur le long terme. Le secteur de l’apprentissage devrait recevoir une aide de 100 millions d’euros provenant des fonds européens d’ici quelques mois. Avec ces subventions, le gouvernement veut donner plus de moyens à ce secteur pour se renforcer mais aussi pour mettre en place une véritable politique en faveur de l’apprentissage.

 

Manuel Valls a annoncé que 80 millions d’euros seront pris du programme d’investissements d’avenir pour financer de nouvelles formations et augmenter les capacités d’hébergement. Sur ce dernier point, il s’agit de répondre à une préoccupation importante des apprentis qui connaissent de réelles difficultés à se loger au point même de devoir abandonner leur formation faute de logement.

 

Une réunion en septembre pour débloquer la situation

 

Toutes les mesures annoncées lors de la clôture de la Conférence sociale doivent soulager quelque peu les inquiétudes du secteur et surtout faire patienter les acteurs de l’apprentissage jusqu’à la réunion prévue au mois de septembre prochain. Cette dernière doit servir à lever les blocages de l’apprentissage et à mettre en place une politique claire et incitative pour faire de ce mode de formation un levier contre le chômage des jeunes.

 

En attendant de mettre sur pied cette grande réunion, l’Etat veut montrer l’exemple et s’engage à recruter jusqu’à 10 000 apprentis par an dans la fonction publique. Un premier geste de bonne volonté. Actuellement, 700 apprentis sont embauchés dans le secteur public.

Apprentissage, aides financières, Manuel Valls, Conférence Sociale
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