L’Insee pointe du doigt les inégalités de la formation professionnelle

Politiques de l'emploi et de la formation - Article - Mercredi, 16 Octobre - 09:50

Voilà de quoi appuyer les propos du ministre de Travail, Michel Sapin sur la nécessité de faire une réforme en profondeur de la formation professionnelle! L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) a publié un rapport édifiant sur la formation professionnelle en 2012. Ce rapport permet d’établir un profil type précis de ceux qui bénéficient le plus d’une formation, c’est-à-dire de jeunes cadres dont le niveau d’étude est au minimum de bac+2.

 

L’inégalité des entreprises face à la formation professionnelle

 

Les rapports concernant le retard accumulé par les petites entreprises en matière de formation professionnelle ne manquent pas. Mais la note publiée par l’Insee est la plus récente puisqu’elle prend en compte l’année 2012. Pourtant, elle fait le même constat que les rapports publiés précédemment. Ainsi l’année dernière, seulement 34% des salariés travaillant dans une entreprise de 10 salariés ou moins ont suivi une formation.

 

A l’inverse les grandes entreprises montrent l’exemple, puisque 65% des salariés travaillant dans un établissement d’au moins 250 personnes ont suivi une formation dans les douze derniers mois.

 

Les seniors restent en marge de la formation professionnelle

 

La note publiée par l’Insee met en opposition les salariés en fonction de différents critères : poste, niveau de qualification, mais aussi l’âge. Et là encore sans surprise, cette étude vient confirmer ce que d’autres avant elle avaient déjà constaté, à savoir que les seniors sont exclus de la formation professionnelle.

 

En 2012, huit salariés sur dix âgés de 18 à 24 ans ont suivi une formation, alors que seulement une personne sur trois entre 55 et 64 ans a été invitée à suivre une remise à niveau ou à acquérir de nouvelles compétences.

 

Les diplômés profitent davantage d’une formation

 

Parmi les nombreuses inégalités relevées par cette note, l’Insee démontre que les diplômés sont les premiers bénéficiaires de la formation. En 2012, 68% des cadres ont suivi une formation contre seulement 37% des ouvriers. Les cadres ayant des niveaux de formation bien supérieurs à ceux des ouvriers, c’est pourtant eux qui suivent en majorité des formations.

 

L’Insee a d’ailleurs élargi ses recherches sur les qualifications pour en venir à la conclusion que lors des douze derniers mois, 66% des personnes ayant entrepris une formation possédaient au minimum un bac +2, ce chiffre tombe à 25% lorsqu’il s’agit de salariés sans diplôme. Cette étude confirme bien que les personnes les plus fragiles ne sont pas celles qui bénéficient de cette aide.

 

Les secteurs qui ont le plus recours à la formation

 

Les cadres et les personnes dont le niveau de qualification est au minimum à bac + 2 bénéficient très largement de la formation. Mais certains secteurs sont plus friands que d’autres en matière de modules de formation. L’Insee révèle que les secteurs d’activités financières et d’assurance d’une part et celui de l’informatique et la communication d’autre part, sont parmi sont parmi les plus gros demandeurs de formation.  

 

Pour suivre une formation il vaut mieux occuper un poste qu’être au chômage

 

En 2012, 60% des actifs ont suivi une formation contre seulement 40% de demandeurs d’emploi. Ce chiffre publié par l’Insee donne du grain à moudre au gouvernement qui souhaite que les partenaires sociaux qui se réunissent actuellement pour travailler sur la réforme de la formation professionnelle planchent également sur la question de la formation des chômeurs.

 

La question de la parité dans la formation

 

L’Insee s’est arrêté sur la question de la parité, et déclare que la parité homme-femme est respectée lorsqu’il s’agit de la formation des cadres et des actifs les plus diplômés. Toutefois, lorsqu’il est question de la formation des ouvriers et des moins qualifiés, il apparaît que les hommes sont largement majoritaires.

 

Une note qui tombe à pic

 

Alors que la négociation entre les partenaires sociaux sur la question de la réforme de la formation professionnelle a commencé, cette note laisse présager de l’ampleur de la tâche qui attend les différents syndicats. En effet, ils devront trouver un moyen pour que la formation profite davantage à ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire aux actifs les moins qualifiés mais également aux chômeurs. 

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