Analyse de l’apprentissage : disparités géographiques et évolutions des effectifs

Politiques de l'emploi et de la formation - Article - Lundi, 23 Septembre - 10:53

Le gouvernement actuel a pour objectif de faire entrer 500 000 jeunes en apprentissage d’ici 2017. Et alors que les chiffres de 2013 marquent un recul de 18% du nombre de personnes ayant signées un contrat d’apprentissage par rapport à 2012. Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) a publié ce mois-ci une analyse sur le mode de fonctionnement de l’apprentissage et sur son évolution depuis 1997. Cette étude met en perspective les difficultés pour instaurer une politique ambitieuse de ce mode de formation.  

 

L’apprentissage depuis la crise de 2008

 

L’apprentissage permet à un jeune de plus de 16 ans, d’apprendre un métier en passant la moitié de l’année dans un centre de formation d’apprentis (CFA) où il reçoit une formation théorique et l’autre moitié dans une entreprise où il complète sa formation en étant sur le terrain. L’étude publiée par la Céreq montre que l’apprentissage en France a progressé entre 1997 et 2008. En effet, 153 000 jeunes possédaient un contrat d’apprentissage en 1997, et onze ans plus tard ce chiffre est passé à 183 000.

 

L’année 2008 marque un arrêt dans cette progression des effectifs. Ce phénomène s’explique par la crise économique qui a frappé le pays. Il est a noté que si la crise a stoppé le développement de l’apprentissage en France, elle ne l’a toutefois pas fait régressé. Si les entreprises n’ont pas tourné le dos à ce mode de formation c’est avant tout parce qu’elles ont bénéficié d’aides financières de la part de l’Etat.

 

Si la crise n’a pas eu de conséquences trop désastreuses, elle a toutefois permis l’émergence de nouvelles tendances. Le bâtiment est le secteur dont les effectifs d’apprentis ont le plus fortement diminués depuis 2008. L’automobile et le commerce ont également marqué un recul dans le nombre de contrats d’apprentis signés.

 

Le nombre de professions qui se sont ouvertes à l’apprentissage est aussi un phénomène important de ces dernières années. Les métiers de services font partie de ces professions qui s’ouvrent à cette forme de formation. L’étude de la Céreq prend l’exemple du travail social, des transports et de la logistique, mais aussi les services à la collectivité comme l’hygiène ou la sécurité.

 

L’intérêt des gouvernements pour l’apprentissage

 

François Hollande comme ses prédécesseurs mise beaucoup sur les bienfaits de l’apprentissage pour inverser la courbe du chômage et faire entrer des jeunes qualifiés sur le marché du travail. Le président s’est fixé comme objectif de faire progresser le nombre de jeunes en apprentissage à 500 000 en 2017.

 

« Si son expansion n’a jamais atteint les ambitions affichées par les gouvernements successifs, il n’en demeure pas moins que les effectifs d’apprentis ont doublé depuis 1995. Néanmoins, cette progression n’est pas homogène. »

 

Si les pouvoir publics ont toujours semblé apprécier l’apprentissage et ont voulu promouvoir son développement, c’est parce que ce mode de formation possède une image très positive. Il y a d’une part le modèle allemand toujours mis en avant sur cette question. C’est aussi parce que l’apprentissage est un moyen efficace de faire la transition entre l’école et l’emploi. Enfin, ce mode de formation est un moyen de donner une qualification aux jeunes en difficulté scolaire, qui sont les premiers concernés par le chômage des jeunes.

 

Comprendre les disparités géographiques de l’apprentissage

 

Le document publié par la Céreq fait état d’une progression constante de l’apprentissage entre 1997 et 2008. Pourtant, cette augmentation est à nuancer car ce mode de formation souffre de fortes disparités géographiques, comme l’indique la carte ci-dessous.

Carte de l'apprentissage par région

 

Cet écart d’une région à l’autre s’explique par le mode de fonctionnement de l’apprentissage. En effet, d’un côté l’Etat a un rôle de législateur qui par la politique qu’il entreprend peut créer un environnement propice pour les entreprises et les inciter à embaucher des apprentis. De l’autre côté, l’apprentissage est contrôlé par les régions qui financent et qui assurent l’équilibre économique des CFA.

 

Or, ce mode de fonctionnement bipartite favorise les disparités géographiques. Chaque région gère l’apprentissage en fonction du nombre de zones rurales et urbaines ou encore du nombre d’entreprises présentes sur son territoire. Certaines régions comptent plus que d’autres sur l’apprentissage et mettent donc en place une politique de formation plus importante. 

Apprentissage, formation des jeunes, évolution de l’apprentissage, disparités géographiques
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